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PARTOUT DANS LE MONDE, LE CAPITALISME EXPLOITE LES OUVRIERS… A MORT

Le monde du travail vient une fois de plus de payer un lourd tribu humain au capitalisme.

12 mineurs ont été ensevelis dans la mine de charbon de Tallmansville en Virginie occidentale. Cela s'est passé le 2 janvier dernier sur le continent le plus "développé" le plus moderne, du point de vue capitaliste et les médias relayaient exclusivement les festivités du nouvel an dans les grandes capitales du monde. Une dizaine de ces mêmes mineurs meurent, dans les mêmes conditions, quinze jours après en Roumanie.

Ces disparitions font suite à celles survenues de façon tout aussi tragiques dans les mines en Chine tout au long de l'année 2005 : 203 dans la mine de Fuxin (Liaoning) en février, 19 à Shanxia le 3 juillet, 148 à Dongfeng le 27 novembre, 74 mineurs morts à Tangshan le 8 décembre.

Et il n'y a pas que les mines qui tuent. Accidents du travail, maladies professionnelles emportent chaque jour des milliers de travailleurs. En France, pays dont la bourgeoisie se vante d'avoir l'un des meilleurs système de prévention, le nombre des décès par accidents du travail était de 1300 en 2002, de 1170 en 2003, et de 1696 en 2004 (source : caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés).

Pour toutes ces victimes du travail salarié, ni funérailles nationales, ni hommage, pas même un entrefilet dans la presse : ils ne sont ni présidents, ni ministres, ni artistes populaires, ils n'ont aucune notoriété publique. Ils ne sont qu'ouvriers. Leur sort n'intéresse qu'eux mêmes, leurs familles, les orphelins qu'ils laissent, leur frères de classe qui partagent avec eux la même douleur, les mêmes humiliations, les mêmes outrages quotidiens.

Ces décès laissent la bourgeoisie indifférente, elle les considère comme "normaux", "naturels". Qu'elle simule une émotion ? Ce n'est que pour souligner le prix de revient de ces tragédies meurtrières. Le coût, voilà ce qu'elle regarde. Celui des accidents du travail, celui des maladies professionnelles en constante progression (amiante…) c'est une part de profit qui s'envole, cette part de profit à laquelle elle doit renoncer pour la consacrer à l'"accompagnement" des accidents du travail (depuis le versement des pensions jusqu'à la très symptomatique multiplication de structures d'encadrement psychologique de toutes sortes…), voilà ce qui seul en vérité l'émeut.

Cette immense indifférence de la bourgeoisie face à l'immense détresse du prolétariat, nous en avons eu un implacable exemple au moment de ce coup de grisou en Virginie lorsque les autorités locales propagent (sans vérifier) la fausse information selon laquelle 12 mineurs auraient été sauvés, puis rectifient, à 3 heures du matin, en révélant qu'un seul mineur avait survécu. Et de rajouter pour expliquer ce qu'elles ne considéraient que comme une méprise : "Par souci de prudence, nous avons laissé la jubilation se poursuivre plus longtemps qu'il n'aurait fallu"

On devine la colère, l'amertume, la rage éprouvée par la population et les familles ouvrières confrontées à un cynisme si effrontément exprimé.

Rien de plus salutaire que les ouvriers accueillent avec la plus grande méfiance tous ceux qui, gens de gauche ou humanistes prétendant défendre la cause ouvrière, font mine de découvrir de "révéler" de "dénoncer" derrière chaque accident de ce type l'archaïsme des conditions de travail, la dangerosité du mode d'exploitation des mines, le caractère esclavagiste du salariat.

Car ces fins observateurs critiques ne se sont-ils pas le plus souvent, retrouvés dans le camp des "réformateurs" de système, chargés de faire croire que le capitalisme est améliorable, qu'il pourrait rendre le salariat plus humain, que, en fin de compte, son renversement n'est pas à l'ordre du jour ?

Et, l'ennemi de classe du prolétariat, les exploiteurs de la classe ouvrière ne se sont-ils pas, de tout temps, accommodés de ce genre de reproche ?

Pour la classe ouvrière ces décès, ces mutilés à vie n'ont rien d'accidentel au sens où ils pourraient être évités et leur nombre limité par quelque aménagement des conditions de travail : ils constituent la base même des conditions de travail en régime capitaliste. Ils constituent le sacrifice humain incompressible, incontournable du capitalisme, le prix imposé pour que ce système se perpétue.

D'ailleurs, depuis que le capitalisme existe il n'a cessé d'aménager, de remodeler, d'améliorer les conditions d'exploitation de la force de travail. Mais c'est toujours au service de la productivité que cela fut accompli. La contradiction entre capital et travail demeure et ne fait, elle, que devenir plus meurtrière.

Foulée au pied depuis plus d'un siècle par les classes dominantes et leurs Etats, la classe ouvrière ne cherche pas la compassion de ses bourreaux. Par contre elle amasse les enseignements qui lui permettront de donner chair à son immense colère accumulée :

- ces morts sont les siens, exclusivement, et c'est le capitalisme qui les a assassinés ;

- ce vers quoi elle doit concentrer sa lutte ce n'est plus vers une meilleure organisation de la société à laquelle elle ne pourra jamais accéder tant que le capitalisme perdurera, mais vers la destruction violente du capitalisme lui-même : son mode de production, ses institutions, son Etat.

Le 16 janvier 2006


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